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Konu Gerson

(1932 – 2006)

D’après un hommage rédigé par Nigel Watts.

Origin of the text
Olivier Bertrand: Breaking down barriers 1945-1975, 30 years of voluntary service for peace with Service Civil International.
Paris (2008)

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Gerson Konu

Kwadzo Gaglo Gù-Konu (1932 -2006) fut l’initiateur des chantiers de volontaires au Togo, son pays, chantiers qui perdurent toujours, maintenant animés par l’ASTOVOCT (Association Togolaise des Volontaires Chrétiens au Travail). En 1957, jeune instituteur, il découvre au Ghana les chantiers internationaux de volontaires et entend parler du SCI pour la première fois. De retour au pays, il crée l’Association togolaise des volontaires au travail : " LVT ".

Dans un Togo nouvellement indépendant (1960), sous la présidence de Sylvanus Olympio, il est élu député de la région de Kpalimé. Les chantiers de LVT, où travaillent, coude à coude, villageois, élèves (collégiens) et volontaires étrangers, africains et européens, répondent aux besoins du nouvel Etat et stimulent la prise en charge par la population de son propre développement. Parallèlement à ces chantiers, Gerson organise des cours d’alphabétisation en langue vernaculaire. Ces initiatives, qui correspondent aux aspirations des habitants ont beaucoup de succès, d’autant qu’elles rejoignent leurs coutumes : les travaux collectifs.

Après le coup d’Etat de 1963 et l’assassinat du président Olympio, Gerson est arrêté et torturé. Il sera libéré 4 ans plus tard, grâce à l’intervention d’Amnesty International et de la branche britannique du SCI (IVS). Il se réfugie alors en France et vient travailler au bureau du SCI à Paris où il deviendra permanent. De 1970 à 1978, il sera délégué international du SCI pour l’Afrique de l’Ouest, à côté de Jean-Pierre Petit, délégué international pour le Maghreb. Il développe les liens entre le SCI et les associations partenaires en Afrique. En Afrique, il crée l’UACVAO (Union des Associations de Chantier d’Afrique de l’Ouest) pour renforcer ces associations, et initie, en collaboration avec les populations, quelques projets à long terme. En France, il crée des groupes qui, à long terme, poursuivent des échanges avec des partenaires africains (le groupe Femmes et Développement qui travaille avec des groupements de femmes villageois, le groupe Vendée-Afrique qui échange avec des agriculteurs et artisans africains).

En 1978, il cesse d’être permanent au SCI et rejoint le Secrétariat International d’Amnesty International à Londres où il est chargé du développement d’AI en Afrique (création et soutien aux sections africaines). Pendant tout son exil, menacé par le pouvoir en place, il ne pourra se rendre dans son pays. A sa retraite, malade, il se partage entre Londres et Ho, petite ville ghanéenne proche de la frontière togolaise. Il continue à y initier des projets de développement basés sur la confiance dans les initiatives locales et des associations de défense des droits humains en Afrique.

Tous ceux qui ont connu Gerson ont été frappés par sa passion pour une Afrique démocratique, indépendante, égalitaire, développée et ouverte au monde, et par sa persévérance à y contribuer, sous toutes les formes possibles.

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